Chaleur automnale

 

 

 

Au cours du dernier demi-millénaire,
la décennie d'automnes les plus chauds
est celle qui s'écoule de 1997 à 2006"
,
ajoute la climatologue
1
 

 

 

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Quelques portraits

Automne chaud

Petite chronique glanée sur les ondes.

Amusante ou inquiétante?

Amusante au moins en ceci que nous maugréons dès lors que la température semble ne plus correspondre ni à nos canons, ni à nos désirs. Jamais assez chaud en été, où nous nous prélassons sur les plages! Toujours trop chaud quand il s'agit de préparer nos délices estivales. Consommateurs d'un espace que nous avons cessé d'habiter, dont nous sommes désormais moins prédateurs que clients (rois évidemment) nous n'avons pas seulement désenchanté le monde, nous l'avons stérilisé!

Mais avec lui notre rapport au temps.

Cet automne supposé flétrir avant que d'endormir, cette lente propédeutique à la mort qui insidieusement laisse bourgeonner les pousses et interdit le sommeil des ours, cet automne qui ne ressemble à rien, pas à lui-même en tout cas, balaie au vent mauvais bornes et repères.

Il nous crie, ce qui désormais, nous ressemble: notre peur!

Celle-ci, avant tout, qu'il n'y ait plus de différence entre printemps et automne, vie et mort; mouvement et inertie.

Non, il n'y pas pas ici du tragique qui préfigure seulement l'impossibilité de sortir de la quadrature étroite d'un destin qu'on ne forge pas; ce n'est pas une figure non plus  d'un drame dont nous serions les acteurs ou les coupables mais d'où, pour ceci même nous pourrions esquisser une excursion!

Non c'est ici figure même de l'entropie, de cette irréversible écrasement de la différence sur elle-même.

Je ne sais qui des optimistes impénitents ou des cassandre patentés ont ici raison!

Je sais juste que cette brutale irruption de la nature dans notre histoire, cette insolente éruption du temps dans notre espace scande la litanie de notre modernité.

J'avais appris que l'espace était forme de notre puissance quand le temps demeurait celle de notre impuissance: désormais unis pour nous interdire tout avenir, temps et espace complotent à saper le socle où nous mouvoir, comme s'il n'était plus de monde où habiter, que ce soit en poète ou en philistin. Suspendus comme soupir en sonate, nous ne sommes plus que souffle au vent.

A nous de réinventer ce souffle pour qu'il demeure ce qui inspire, et ne reste pas ce qui expire!

1 Le Monde du 8 décembre 2006 article de Stéphane Foucart